OPINION - 05 / 03 / 2022

Stephan Langevin

Associé principal et directeur création

L’autre midi à la table d’à côté

Les dîners entre collègues donnent souvent lieu à des discussions très intéressantes. Cette semaine, au menu, une discussion sur l’éthique dans le choix des projets auxquels nous décidons de participer. Tout au long de notre carrière, nous avons l’opportunité de travailler sur une foule de projets de nature très différente les unes des autres. Certain de ces projets seront conformes à nos valeurs, d’autre moins et quelques-uns pas du tout.

 

Deux choix s’offrent alors à nous: choisir de participer à des projets qui ne correspondent pas toujours à nos valeurs, mais mettre tous nos efforts et nos talents aux services du bien-être des utilisateurs et trouver notre satisfaction dans l’impact positif et concret que nous aurons sur leurs vies, ou choisir de participer uniquement à des projets dont les valeurs intrinsèques correspondent exactement aux nôtres et à celles de notre entreprise.

 

Voici un exemple bête qui exprime bien ce dilemme. Dans un monde fictif, le gouvernement décide d’aller de l’avant avec la construction d’un jardin zoologique. Le financement est ficelé, le projet se fera avec certitude et la période d’appel d’offres pour le choix des professionnels est commencée.

 

Plusieurs personnes sont férocement contre la captivité d’animaux sauvages et probablement que cette opinion ferait la quasi-unanimité chez STGM. Mais, considérant que le projet se fera avec ou sans nous, voici les deux choix que nous avons: ne pas soumettre de proposition pour la réalisation ce projet qui va à l’encontre de nos valeurs, ou, avec toute notre talent, notre savoir-faire et notre sensibilité pour la cause animale, y participer pour en faire le meilleur zoo du monde de sorte que les animaux qui s’y trouvent ne souffrent pas de leur captivité et que Simba, le cousin de la savane, en soit jaloux.

 

Cet agréable dîner s’est donc terminé sur un point d’interrogation. Chaque projet est unique, rien n’est jamais noir, rien n’est jamais blanc, et ce genre de choix déchirant se prend toujours en zone grise plus ou moins foncée.  Comme architectes, lorsqu’un projet ne correspond pas à nos valeurs profondes, quelle doit être l’attitude à adopter? Choisir de protester en le regardant passer, s’en désintéresser, abdiquer et l’abandonner. Ou, à contrario, choisir d’y participer activement avec tout notre cœur en ayant comme principal objectif l’amélioration de la vie des gens qui l’utiliseront et le fréquenteront, avec ou sans notre participation. Le débat est donc resté totalement ouvert. Et vous, qu’en pensez-vous? Votre opinion nous intéresse!