PATRIMOINE - 21 / 10 / 2022

Basel Abbara

Lead projet patrimoine

Valoriser les composantes écologiques des bâtiments patrimoniaux

L’intérêt grandissant que suscitent la préservation et la mise en valeur de notre patrimoine architectural est assez récent. Cette affection englobe tous les bâtiments anciens de la colonisation à l’époque contemporaine et de tous les styles architecturaux. Ainsi, de plus en plus, la conservation du cadre bâti est actuelle et les sujets liés à ce domaine sont multiples.  

 

Dans cet article, c’est l’aspect écologique des bâtiments patrimoniaux qui sera discuté.  

Pour contribuer à la protection de l’environnement, le principe est simple : conserver et restaurer valent mieux que remplacer. Les composantes patrimoniales d’origine ont une valeur inestimable et témoignent de leur authenticité. Les murs massifs, colonnades, chapiteaux, corniches, toitures en mansarde, fenêtres en bois à guillotine, lambris, dentelles de bois, plafonds à caissons et moulures sont tous ces éléments qui possèdent un cachet naturel considérable et qui reflètent le savoir-faire de nos ancêtres.   

 

Lors de l’intervention, la réutilisation de tous les matériaux existants est la meilleure option écologique et permet d’accroître la pérennité des bâtiments, par exemple, une toiture en cuivre aura une espérance de vie de 150 ans alors que celle d’une toiture en asphalte est de 15 ans, une fenêtre en bois atteindra 150 ans, si elle est bien entretenue, comparativement à 20-30 ans pour une fenêtre en aluminium.  Un mortier d’époque est fabriqué avec de la chaux dérivée d’une pierre naturelle garantissant une étanchéité alors qu’aujourd’hui, on utilise le ciment, nuisible et polluant pour l’environnement. Un mur massif représente une composante écologique, car il emmagasine la chaleur et ne contient ni isolant, ni produit asphaltique. De même, les pierres naturelles telles le calcaire, le grès, le granit et le marbre sont des matériaux écologiques puisque leur réutilisation écarte le besoin d’une nouvelle extraction, puis de fabrication et de transport.  

 

L’objectif ultime est d’atteindre une fonctionnalité en préservant les composantes du lieu patrimonial.  

 

La valeur patrimoniale d’un bâtiment restauré avec ses matériaux d’origine dépasse la valeur historique de celui qui est rénové avec des matériaux neufs. De plus, une nouvelle construction a un impact direct sur la consommation d’énergie et de ressources naturelles car il faut aussi considérer l’énergie en dehors du chantier, entre autres pour l’extraction et le transport des matériaux. 

Sans compter que les débris issus de la démolition d’un bâtiment, constitués de bois, béton, pierre, brique, plastique et autre, sont envoyés dans des sites d'enfouissement, contribuant ainsi à polluer les sols. Si un matériau s’avère inutilisable, le recours à une compagnie de recyclage de matériaux de construction est une option à considérer. Il existe un grand nombre d’entreprises qui récupèrent les matériaux de construction directement sur le chantier et, par l’usage de nouvelles technologies, recyclent et transforment ces matériaux. En patrimoine, les architectes ont le rôle d’analyser minutieusement tout projet, d’évaluer la valeur des composantes du bâtiment en place, et de considérer l’impact sur l’environnement de la démolition et de la reconstruction.  

 

Une planification adéquate est primordiale à la conservation du bâtiment patrimonial de manière écologique et économique. Que ce soit une réhabilitation ou une conversion de nos trésors nationaux, il faut éviter la destruction, agir de façon responsable et se soucier des préoccupations environnementales afin de réduire son empreinte écologique et ce, à toutes les étapes d’un projet. Notre patrimoine bâti est un héritage qui nous a été légué, une page de notre histoire architecturale à conserver.