OPINION - 04 / 11 / 2022

Stephan Langevin

Associé principal et directeur création

Dans un spoutnik

Cette semaine, en écoutant à la radio ‘’Dans un spoutnik’’, superbe chanson écrite par Daniel Bélanger il y a déjà 20 ans, le refrain m’a fait réfléchir. ”...6 milliards, 6 milliards de solitudes, 6 milliards ça fait beaucoup...”. Avec l’annonce récente que le 15 novembre prochain, la population mondiale dépassera les 8 milliards d’individus, cette petite phrase prend un tout autre sens.

Ça signifie qu’en 20 ans, la population mondiale a augmenté de 33%, c’est fou quand même. C’est comme si, autour d’une petite table bistro conçue pour deux, trois personnes étaient Attablées depuis quelques heures, et qu’un quatrième invité faisait son arrivée. Qu’est-ce que l’on ferait? On partagerait les portions, on éviterait le gaspillage, on se tasserait un peu plus, on éviterait les trop grandes assiettes, on ouvrirait un peu la fenêtre pour ne pas avoir trop chaud, bref, on s'adapterait, en s'assurant que ça reste agréable, confortable et équitable pour tout le monde.

La terre, comme la table bistro, est un espace fini et limité. Pour arriver à y survivre dans un confort relatif, comme société, s’adapter à court terme est impératif, ce n’est plus un choix. En tant que société, plusieurs actions peuvent être prises, comme favoriser à grande échelle les modes de transports collectifs et actifs, promouvoir le recyclage et la réutilisation, construire et exploiter des bâtiments avec des enveloppes à haute efficacité énergétique en utilisant des ressources locales et des énergies propres, rénover, recycler et requalifier des infrastructures existantes, utiliser le bois autant que possible dans nos constructions, assurer une utilisation plus intelligente du territoire en densifiant et en favorisant le développement de milieux de vie à proximité des services et des réseaux de transport (TOD ou Transit-oriented Development) sont autant de stratégies que nous devrions adopter afin de nous assurer un avenir meilleur.

Comme architectes, nous avons l’opportunité de travailler quotidiennement sur des projets qui ont le potentiel de contribuer à mieux utiliser notre territoire et nos ressources. Même si globalement, ici ou ailleurs, la majorité des projets ne contribuent pas encore pleinement à un développement plus responsable du territoire et à une exploitation plus respectueuse et équitable de nos ressources, l’urgence devrait faire en sorte que collectivement nous accélérions le rythme et que nous améliorions nos pratiques et nos façons de faire.

En attendant d’aller sur Mars, la Terre est la seule petite table disponible. Avec bientôt huit milliards de convives, faisons en sorte qu’il soit encore longtemps agréable d’y vivre.