OPINION
02.07.21

Stephan Langevin

Associé principal et directeur création

​Les chiffres de la semaine : 47,9 et 18,3

La pandémie a monopolisé une bonne partie de l'actualité mondiale et est rapidement devenue la préoccupation de tou.te.s pendant les 18 derniers mois, et ce n'est pas encore terminé. Mais, pendant ce temps, la terre a continué de tourner, les guerres se sont poursuivies et, malgré un bref espoir engendré par une économie au ralenti et des déplacements que tous ont réduits, le climat a tout de même continué de se réchauffer et notre environnement s'est encore fait malmener.

Le mois de juin se termine tout juste et le Canada vient d'enregistrer la plus haute température jamais répertoriée d'un océan à l'autre. En effet, sous un dôme de chaleur intense qui a stagné au-dessus de l'ouest du pays, il a fait 47,9°C sans facteur humidex à Lytton en Colombie-Britannique. Cette température infernale a induit des feux de forêt qui ont détruit 90% du petit village. Pendant ce temps, en Antarctique, nous avons appris que le 6 février, il a fait 18,3℃. Là aussi un nouveau record, confirmé hier, a été établi.

Depuis quelque temps, comme architectes, nous entendons beaucoup parler dans la presse et sur les sites spécialisés de la mutation des espaces de travail à la suite de la pandémie, de l'évolution accélérée de nos habitudes engendrées par 18 mois de confinement et de leurs impacts éventuels sur l'ensemble de nos infrastructures. Oui, il est vrai que la COVID-19 modifiera d'une certaine façon nos façons de faire, mais faisons attention, il ne faudrait pas trop se laisser distraire. Notre priorité absolue comme société, au-dessus de toute autre préoccupation, devrait être encore et toujours la lutte aux changements climatiques.

En tant qu'architectes nous avons plusieurs occasions de pouvoir contribuer de manière significative à ce combat. Spécifier des matériaux locaux, limiter l'utilisation des produits faits à base d'hydrocarbure, favoriser une meilleure performance énergétique des bâtiments et utiliser le bois ou tout autre matériau écologique ne sont que quelques exemples de ce que nous pouvons faire comme professionnel afin de limiter l'émission de gaz à effet de serre. Comme le domaine de la construction contribue à presque 20% des émissions de GES, il est de notre devoir de diminuer ce pourcentage, et ce le plus rapidement possible.

Les effets du virus ont été foudroyants. Devant l'urgence, nous avons tou.te.s globalement accepté de multiples restrictions afin de combattre ce fléau. Nous avons fait preuve de solidarité, d'intelligence et de créativité. Nous avons développé des vaccins en un temps record et, après 18 mois d'efforts soutenus, nous voyons enfin une nette amélioration qui laisse présager la fin de cette aventure. Malheureusement, les changements climatiques sont plus pernicieux; le processus est lent et plus difficile à percevoir. Cependant la violence et l'intensité des températures enregistrées cette semaine devraient nous faire prendre conscience de l'urgence de la situation. Les changements climatiques sont là pour rester et la situation ne risque guère de s'améliorer à moins que chacun.e soit prêt.e à redoubler d'efforts afin de changer drastiquement ses habitudes, comme nous l'avons fait face à la pandémie. Le combat contre les changements climatiques devrait, aujourd'hui et pour encore plusieurs années, demeurer notre principale priorité et nous devrions y mettre autant d'efforts et de convictions que nous en avons mis contre la pandémie.