PATRIMOINE
24.10.20
Les petits projets de restauration et de conservation du patrimoine qui enrichissent nos paysages
 

La notion de patrimoine bâti, dont les premiers signes remontent au XV ème siècle à Rome, s'est élargie de manière exponentielle après la deuxième guerre mondiale et encore davantage depuis les années 1960. Au fil du temps, les objets « patrimoniaux » se sont diversifiés et multipliés.

Aujourd'hui, une valeur patrimoniale peut être attribuée à toute forme de l'art de bâtir, quel que soit son usage, son emplacement, ou son appartenance à la culture savante ou populaire. D'autre part, certains bâtiments auxquels on accorde un statut patrimonial peuvent avoir été construits récemment : on parle de « patrimoine moderne ». Enfin, la notion s'est diffusée pour qualifier non seulement un bâtiment isolé, mais aussi un ensemble, un quartier, un village, une ville entière et, ultimement, un paysage.

Le défi du partage des responsabilités se complexifie à mesure que l'échelle de l'objet patrimonial s'étend, puisque sa protection et sa mise en valeur reposent sur les décisions et les actions d'un grand nombre d'acteurs : chaque propriétaire de chaque immeuble.

Dans cette perspective, si on veut réussir le projet de conservation et de mise en valeur, on doit le définir, l'expliquer et le partager. Cette mise en commun du projet favorise l'adhésion nécessaire de tous ceux qui ont la possibilité et les moyens de le réaliser. Dans plusieurs milieux, les pouvoirs publics ont imaginé et mis en place des programmes qui misent sur deux aspects complémentaires pour obtenir des résultats concluants. D'une part, les attentes tiennent compte de la spécificité du contexte local et elles sont clairement énoncées. D'autre part, un soutien financier encourage les investissements privés qui contribuent à la mise en œuvre du projet collectif.

En quelques décennies, depuis les années 1980, le visage de nombreux quartiers urbains anciens s'est métamorphosé, avec le concours des décideurs et des citoyens. Les efforts se sont décuplés pour valoriser les immeubles désaffectés, démolir les bâtiments encombrant les cours, améliorer la sécurité des structures, rénover l'enveloppe extérieure des maisons en précisant les matériaux et les méthodes. Une « grappe » artisanale-industrielle s'est développée autour de ce chantier diffus et a permis l'éclosion et la consolidation d'entreprises œuvrant dans la fabrication de composantes (portes, fenêtres, ferblanterie, ouvrages de forge) ou dans les méthodes de construction traditionnelle (maçonnerie, charpenterie, ébénisterie, taille de pierre).

En milieu rural et à l'échelle du paysage, le défi se pose de manière différente. Le projet de conservation et de mise en valeur du patrimoine devient un projet d'aménagement du territoire qui fait intervenir encore d'autres acteurs. Les facteurs qui ont un impact sur la qualité du milieu bâti vont de l'implantation d'infrastructures comme les routes et les réseaux de distribution, à l'exploitation des ressources naturelles, la transformation des pratiques en agriculture et la décroissance démographique.

La définition d'un projet collectif de mise en valeur du patrimoine bâti, sa diffusion et son partage entre tous les échelons d'intervention, du public au privé, sont fondamentaux. La cohérence entre les objectifs du projet commun et les interventions posées par chaque propriétaire pourra générer des effets multiplicateurs. Chaque propriétaire qui restaure la porte en bois de sa maison, peinture les fenêtres, restaure les joints de maçonnerie, acquiert un bâtiment défraichi pour le rénover, contribue à la fois à la préservation de son patrimoine et à l'amélioration de la qualité du paysage. Son action structurante a le potentiel d'en entraîner d'autres.

Les milieux qui se sont mobilisés en ce sens en retirent de nombreux bénéfices, autant pour les personnes qui les habitent au quotidien que pour les visiteurs, toujours plus nombreux à les découvrir, y retourner et, souvent, à rêver de s'y installer. Merci aux milliers de propriétaires qui sont les gardiens de notre patrimoine bâti et qui posent chaque jour des gestes concrets pour assurer sa pérennité !


Photos

1_Une rue à Limoilou : Les escaliers et garde-corps en fer forgé, typiques des triplex de quartiers urbains comme Limoilou ou le Plateau Mont-Royal, sont entretenus et rénovés, grâce au savoir-faire des artisans. (Photo : Marc-Olivier Fortier-Wikipédia)

2_ Porte et fenêtres_ Vieux-Québec : Le soutien financier public, comme celui mis en place dans le Vieux-Québec, encourage les investissements privés pour entretenir et restaurer le patrimoine bâti. (Photo: STGM)

3_Paysage rural de la Vallée du Saint-Laurent, Rivière-Ouelle, La mise en valeur du patrimoine bâti touche plusieurs échelles d'aménagement : territoire, village, bâtiment. Elle repose sur les actions concertées de nombreux acteurs. (Photo : Pierre Lahoud)

4_Paysage rural des Appalaches. Inverness, Les bâtiments agricoles côtoient l'église (Photo: STGM)

Photos 5 à 11: Chaque propriétaire qui restaure le patrimoine bâti contribue à la fois à la préservation de son immeuble et à l'amélioration de la qualité du paysage.

5-6_ Images d'une maison en maçonnerie Inverness, Construite en 1889, elle est dans un état impeccable en 2020. (Photo: STGM)

7_détail galerie d'une maison à Inverness (Photo: STGM)

8_Grange Saint-Valérien, Bic (photo: STGM)

9_Phare de Cap-Gaspé (photo: STGM)

10_Grange en bois, Cantons-de-l'Est (photo: STGM)

11_Chapelle des français, Réserve naturelle du Cap-Tourmente (photo: STGM)


Merci aux milliers de propriétaires qui sont les gardiens de notre patrimoine bâti et qui posent chaque jour des gestes concrets pour assurer sa pérennité !